Laissez-vous porter par un souffle romantique jusqu'à l'Hôtel Scheffer-Renan, 16 rue Chaptal à Paris pour visiter l'exposition temporaire Théâtres romantiques. Elle est remarquable tant par la beauté des oeuvres exposées que par le charme pittoresque des lieux qui l'accueillent. D'ailleurs, pour ceux qui souhaitent prolonger le plaisir, je conseille vivement de terminer la visite par une pause au salon de thé, situé à l'ombre des arbres du jardin du musée. C'est un endroit charmant totalement propice à la rêverie...
Jusqu'au 16 janvier 2011, pour la première fois à Paris le Musée de la Vie Romantique présente une importante sélection d’œuvres autour du romantisme russe provenant de la Galerie Tretiakov, musée national fondé en 1856 à Moscou par Pavel Tretiakov.
La vidéo ci-dessous présente le Portrait de Maria Lopukhina réalisé en 1797 par Vladimir Borovikovsky (1757-1825), célèbre portraitiste russe.
« Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : "J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui. "» Cet extrait de la pièce de théâtre On ne badine pas avec l’amour montre à quel point Alfred de Musset, doté d’une sensibilité romantique exacerbée, est un être pétri de contradictions, luttant constamment entre le désir de pureté et la fascination pour la débauche. En 1833, il rencontre la romancière George Sand avec qui il entame une liaison tumultueuse. Ce couple, formé par deux êtres de génie habitués à analyser leurs sentiments et leurs sensations avec l’arrière-pensée de les traduire en prose ou en vers, deviendra emblématique des passions romantiques. Les nombreuses lettres qu’ils échangent sont le témoignage des emportements furieux, des joies et des misères d’un amour impossible. Au cours de leur séjour à Venise, Musset est atteint d’une fièvre cérébrale grave dont seuls le dévouement de George Sand et les soins d’un jeune médecin, Pagello, le sauvent. Mais George s’éprend de Pagello et dès lors, des crises affreuses bouleversent le couple jusqu’à la rupture définitive le 7 mars 1835. Musset sort profondément transformé de cette rude épreuve et de 1835 à 1837, il écrit Les Nuits (Mai, Décembre, Août et Octobre) et la Lettre à M. de Lamartine, certainement quelques unes des plus belles pages du romantisme...
Ci-dessous, un extrait du film Les Enfants du Siècle, adaptation cinématographique de la liaison entre Alfred de Musset et George Sand réalisée par Diane Kurys en 1999.
" Romantique ? Je ne sais pas ce que cela signifie. Je suis un classique ". Berlioz semble bien avoir récusé par avance son rattachement au mouvement romantique ! Et pourtant sa figure extravagante d'artiste passionné portant la marque d'un destin singulier, brûlé d'amours malheureuses, déchiré par des aspirations contradictoires, revendiquant sous la bannière de Shakespeare la liberté dans l'art, mais ne cessant de rechercher honneurs et reconnaissance institutionnelle. Tout incite à voir en lui l'archétype absolu du héros romantique épris d'idéal et blessé par la réalité, et particulièrement ce qu'il nous révèle dans ses écrits souvent exaltés sur les tourments de son âme.
L'essence même du romantisme n'est-elle pas musicale ? Tous les écrivains romantiques ne partagent-ils pas en effet une profonde défiance à l'égard du langage, incapable selon eux d'exprimer les mystères ineffables de l'âme humaine ? Mais si les poètes romantiques, en France, restent largement prisonniers des formes héritées, Berlioz en revanche, dans son écriture musicale, dans ses sources d'inspiration et dans sa pratique orchestrale, semble bien accomplir une véritable révolution, renouvelant avec ampleur les formes traditionnelles et donnant libre cours à l'expression fougueuse des rêveries et des passions amoureuses, de leurs bonheurs fugitifs comme de leurs emportements funèbres. À l'archétype un peu usé du héros romantique, il faudrait alors substituer la belle image plus consistante du compositeur visionnaire, sillonnant avec une inaltérable constance les routes d'Europe pour gagner orchestres et publics à l'originalité profonde de sa musique.
Cet article est extrait du site consacré à Berlioz par la BNF :
Le livret de La DAMNATION DE FAUST est une adaptation de Berlioz et Almire Gandonnière à partir de la traduction en prose de la pièce de Goethe par Gérard de Nerval. En effet, de même que Goethe s'était emparé du Faust de Christopher Marlowe, Berlioz s'est emparé du Faust de Goethe et en a fait une sorte d'autoportrait musical dans lequel, selon ses propres termes, il n’a cherché ni à traduire, ni même à imiter le chef-d’œuvre, mais à s’en inspirer seulement et à en extraire la substance harmonique qui y était contenue. La Marche Hongroise est la conclusion de la première partie de La Damnation de Faust.
"Qui dit romantisme dit art moderne, – c’est-à-dire intimité, spiritualité, couleur, aspiration vers l’infini, exprimées par tous les moyens que contiennent les arts. […] Que la couleur joue un rôle très important dans l’art moderne, quoi d’étonnant ? Le romantisme est fils du Nord, et le Nord est coloriste ; les rêves et les féeries sont enfants de la brume. L’Angleterre, cette patrie des coloristes exaspérés, la Flandre, la moitié de la France, sont plongées dans les brouillards ; Venise elle-même trempe dans les lagunes." Le Salon de 1846 - Charles Baudelaire
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