dimanche 1 mars 2015

John Keats

John Keats, poète emblématique du romantisme anglais, mort d’une tuberculose à l’âge de 25 ans, laisse de son bref passage sur terre une œuvre d’une exceptionnelle beauté aux accents intemporels, transcendant les emportements romantiques. Je l’ai découvert avec le film Bright Star, réalisé par Jane Campion en 2009. Le titre est tiré de la première phrase d'un poème composé par John Keats alors qu'il était amoureux de Fanny Brawne :
" Bright star, would I were steadfast as thou art "
" Astre Brillant ! puissé-je, immobile comme tu l'es… "


Son épitaphe, écrite et voulue par lui, que l’on peut lire sur sa tombe, dit tout de sa poésie teintée d’une douce mélancolie et qui célébrait la mort tout autant que la nature sauvage, synonyme de liberté et de pureté.
" Ici repose celui dont le nom était écrit dans l'eau. "


"Fade far away, dissolve, and quite forget
What thou among the leaves hast never known,
The weariness, the fever, and the fret
Here, where men sit and hear each other groan;"

"Disparaître loin, m’évanouir, me dissoudre et oublier
Ce que toi, ami des feuilles, tu n’as jamais connu,
Le souci, la fièvre, le tourment d’être
Parmi les humains qui s’écoutent gémir."
Extrait d’ Ode à un rossignol

dimanche 10 mars 2013

L'ange du bizarre

L'Esprit Romantique est toujours vivant ! On peut le rencontrer au Musée d'Orsay dans l'exposition L'Ange du Bizarre.  Hugo, Friedrich, Redon, Blake, Moreau, Füssli, Rodin, Munch, Ernst... Impossible de citer tous les Maîtres présents. Chaque chef-d'oeuvre est une porte vers un monde fascinant, angoissant, terrifiant dont on ne revient pas indemne...


Une exposition qui est née en Allemagne au Städel Museum de Francfort :

dimanche 2 septembre 2012

Château de Chillon

"Le lac Léman baigne les murs du château de Chillon. Du haut des créneaux blancs comme la neige, la sonde s'enfonce à mille pieds dans la profondeur des ondes qui enveloppent le donjon de toutes parts. Ainsi la double barrière de la pierre et des flots faisait de notre cachot une tombe vivante..." 

Lord Byron, Le Prisonnier de Chillon (1816) extrait










Au 19ème siècle, dans la mouvance romantique qui redécouvre avec enthousiasme le Moyen Age, le château de Chillon est rendu célèbre par des récits tels que La Nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau ou Le Prisonnier de Chillon de Lord Byron mais aussi par des peintures de Delacroix, Turner et bien d'autres qui y puisent l'inspiration... Le château et le paysage qui lui sert d'écrin réunissent en effet toutes les composantes chères à l’esthétique romantique : une silhouette pittoresque, de vieux murs témoins d’un passé terrible et un décor montagneux grandiose. Il ne pouvait que fasciner les écrivains et les peintres de cette époque en quête de sublime et de lumière...
Pour en savoir plus : site du château de Chillon


mardi 17 juillet 2012

dimanche 20 mai 2012

Théâtres romantiques

Laissez-vous porter par un souffle romantique jusqu'à l'Hôtel Scheffer-Renan, 16 rue Chaptal à Paris pour visiter  l'exposition temporaire Théâtres romantiques. Elle est remarquable tant par la beauté des oeuvres exposées que par le charme pittoresque des lieux qui l'accueillent. D'ailleurs, pour ceux qui souhaitent prolonger le plaisir, je conseille vivement de terminer la visite par une pause au salon de thé, situé à l'ombre des arbres du jardin du musée. C'est un endroit charmant totalement propice à la rêverie...


THÉÂTRES ROMANTIQUES À PARIS — collections du... par paris_musees

mardi 8 mai 2012

Les arcs-en-ciel du noir

En ce moment et jusqu'au 19 août 2012 à la Maison Victor Hugo, une exposition que je vais m'empresser d'aller voir !



Pour en savoir plus :
http://www.paris.fr/loisirs/musees-expos/maisons-de-victor-hugo/exposition-les-arcs-en-ciel-du-noir/rub_5852_actu_111676_port_24601

vendredi 12 août 2011

The Garden of Love



The Garden of Love by William Blake

samedi 18 décembre 2010

La Russie Romantique

Jusqu'au 16 janvier 2011, pour la première fois à Paris le Musée de la Vie Romantique présente une importante sélection d’œuvres autour du romantisme russe provenant de la Galerie Tretiakov, musée national fondé en 1856 à Moscou par Pavel Tretiakov.



La vidéo ci-dessous présente le Portrait de Maria Lopukhina réalisé en 1797 par Vladimir Borovikovsky (1757-1825), célèbre portraitiste russe.

vendredi 23 juillet 2010

Musset et Sand : Les amants du siècle

« Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : "J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui. "»
Cet extrait de la pièce de théâtre On ne badine pas avec l’amour montre à quel point Alfred de Musset, doté d’une sensibilité romantique exacerbée, est un être pétri de contradictions, luttant constamment entre le désir de pureté et la fascination pour la débauche. En 1833, il rencontre la romancière George Sand avec qui il entame une liaison tumultueuse. Ce couple, formé par deux êtres de génie habitués à analyser leurs sentiments et leurs sensations avec l’arrière-pensée de les traduire en prose ou en vers, deviendra emblématique des passions romantiques. Les nombreuses lettres qu’ils échangent sont le témoignage des emportements furieux, des joies et des misères d’un amour impossible.
Au cours de leur séjour à Venise, Musset est atteint d’une fièvre cérébrale grave dont seuls le dévouement de George Sand et les soins d’un jeune médecin, Pagello, le sauvent. Mais George s’éprend de Pagello et dès lors, des crises affreuses bouleversent le couple jusqu’à la rupture définitive le 7 mars 1835. Musset sort profondément transformé de cette rude épreuve et de 1835 à 1837, il écrit Les Nuits (Mai, Décembre, Août et Octobre) et la Lettre à M. de Lamartine, certainement quelques unes des plus belles pages du romantisme...

Ci-dessous, un extrait du film Les Enfants du Siècle, adaptation cinématographique de la liaison entre Alfred de Musset et George Sand réalisée par Diane Kurys en 1999.






Et ici, un superbe site dédié à Georges Sand :




samedi 27 mars 2010

Hector Berlioz : La Damnation de Faust

" Romantique ? Je ne sais pas ce que cela signifie. Je suis un classique ". Berlioz semble bien avoir récusé par avance son rattachement au mouvement romantique ! Et pourtant sa figure extravagante d'artiste passionné portant la marque d'un destin singulier, brûlé d'amours malheureuses, déchiré par des aspirations contradictoires, revendiquant sous la bannière de Shakespeare la liberté dans l'art, mais ne cessant de rechercher honneurs et reconnaissance institutionnelle. Tout incite à voir en lui l'archétype absolu du héros romantique épris d'idéal et blessé par la réalité, et particulièrement ce qu'il nous révèle dans ses écrits souvent exaltés sur les tourments de son âme.

L'essence même du romantisme n'est-elle pas musicale ? Tous les écrivains romantiques ne partagent-ils pas en effet une profonde défiance à l'égard du langage, incapable selon eux d'exprimer les mystères ineffables de l'âme humaine ? Mais si les poètes romantiques, en France, restent largement prisonniers des formes héritées, Berlioz en revanche, dans son écriture musicale, dans ses sources d'inspiration et dans sa pratique orchestrale, semble bien accomplir une véritable révolution, renouvelant avec ampleur les formes traditionnelles et donnant libre cours à l'expression fougueuse des rêveries et des passions amoureuses, de leurs bonheurs fugitifs comme de leurs emportements funèbres. À l'archétype un peu usé du héros romantique, il faudrait alors substituer la belle image plus consistante du compositeur visionnaire, sillonnant avec une inaltérable constance les routes d'Europe pour gagner orchestres et publics à l'originalité profonde de sa musique.

Cet article est extrait du site consacré à Berlioz par la BNF :



Le livret de La DAMNATION DE FAUST est une adaptation de Berlioz et Almire Gandonnière à partir de la traduction en prose de la pièce de Goethe par Gérard de Nerval. En effet, de même que Goethe s'était emparé du Faust de Christopher Marlowe, Berlioz s'est emparé du Faust de Goethe et en a fait une sorte d'autoportrait musical dans lequel, selon ses propres termes, il n’a cherché ni à traduire, ni même à imiter le chef-d’œuvre, mais à s’en inspirer seulement et à en extraire la substance harmonique qui y était contenue.
La Marche Hongroise est la conclusion de la première partie de La Damnation de Faust.

jeudi 4 mars 2010

Qu’est-ce que le Romantisme ?

"Qui dit romantisme dit art moderne, – c’est-à-dire intimité, spiritualité, couleur, aspiration vers l’infini, exprimées par tous les moyens que contiennent les arts. […]
Que la couleur joue un rôle très important dans l’art moderne, quoi d’étonnant ? Le romantisme est fils du Nord, et le Nord est coloriste ; les rêves et les féeries sont enfants de la brume. L’Angleterre, cette patrie des coloristes exaspérés, la Flandre, la moitié de la France, sont plongées dans les brouillards ; Venise elle-même trempe dans les lagunes."
Le Salon de 1846 - Charles Baudelaire

Vous pouvez lire ce texte dans son intégralité sur le site Litteratura.

mercredi 3 mars 2010

Naissance d'un blog

J'ai décidé de créer ce blog sur l'art romantique afin de partager ma passion pour ce mouvement artistique qui a triomphé en France de 1830 à 1860 environ.
Le romantisme touche tous les arts à la fois (littérature, peinture, sculpture, musique) et même s'il ne peut être identifié à un style, une technique ou une attitude unique, il affirme cependant son unicité à travers les thèmes dont il s'inspire : communion avec la nature dans ce qu'elle a de sauvage et de mystérieux, plongée dans l'inconscient, refus de toute visée moralisante, goût pour l'irrationnel, intérêt porté à l'époque médiévale... Alors que l'art classique privilégie la clarté de l'expression et la retenue des émotions, l'art romantique cherche de façon caractéristique à exprimer par la suggestion, des sentiments intenses, mystiques ou fugitifs.


Caspar David Friedrich, Voyageur au-dessus de la mer de nuages, 1818

Pour illustrer mon premier article, j’ai choisi une œuvre que j’affectionne tout particulièrement : le Voyageur au-dessus de la mer de nuages, de Caspar David Friedrich, chef de file de la peinture romantique allemande. Dans ce tableau, suivant un principe auquel il a souvent recours, Friedrich peint un personnage de dos, qui se tient debout sur un amas rocheux, absorbé dans la contemplation du paysage. Le peintre souligne ainsi l’importance romantique de la subjectivité et de l’intériorité. Le voyageur illumine le tableau de ses pensées secrètes et le paysage devient en retour un "pays de l’âme". L’horizon sublime qui se devine à travers les nappes de brumes est une zone indéfinie propice à "rêver et deviner au-delà", pour reprendre les mots de Baudelaire consacrés au romantisme nordique.